Salut à tous,

Du site Huffpost Québec : C'est une vieille tradition: le soir de Noël, on ajoute une chaise et       
une assiette à notre table, au cas où un pauvre viendrait cogner à notre  porte.
                                 

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   ¨ Évidemment, la chaise demeurera vide, puisque le pauvre d'aujourd'hui a pris l'habitude de lécher ses plaies seul dans un couloir de métro venteux et glacé. C'est une marque de bon goût de sa part qui nous permet de réveillonner entre gens de qualité, tout en ayant l'air généreux et empathique, me direz-vous.

   En effet, la place du pauvre à notre table est toute symbolique et a pour vertu de faire régner dans notre foyer une bonne conscience qui nous permet de célébrer dans l'opulence, le coeur à l'écoute, mais le coeur léger.

      Autre signe que nous sommes de gauche, notre enfant trouvera sous le sapin, au milieu des nombreux cadeaux électroniques fabriqués par des plus jeunes que lui, une orange, en souvenir de nos anciens qui n'ont eu  de cesse de nous répéter que c'était le seul cadeau qu'ils recevaient à  Noël. Mythe ou réalité, invérifiable de toute façon, l'orange nous rappelle notre situation de privilégiés et nous invite à penser à nos vieux, trop souvent de côté, trop souvent seuls.                                                   

      Loin de vouloir attirer sur notre famille humaniste des regards d'admiration, nous déposerons toutefois sur Facebook  la photo de la chaise vide habilement légendée ainsi que celle de notre  enfant tenant dans sa main son orange, simplement pour rappeler à nos semblables que ce n'est pas parce que nous vénérons les dieux ostentatoires de la surconsommation que nous ne pouvons pas avoir de belles valeurs. La récolte de like sera telle qu'elle nous confortera dans la force de nos convictions.                                                        

   Est-ce que la bonne conscience est un leurre? Nous aurions pu, c'est vrai, inviter un pauvre à notre réveillon, ou aller rompre la solitude d'une vieille tante, mais nous n'avons fait qu'y penser, ce qui affaiblit de beaucoup notre posture et nous expose aux sarcasmes que je me suis permis d'anticiper. Mais faibles de n'avoir pas trouvé le courage de changer le monde pour inspirer notre enfant, au cynisme nous avons privilégié le coeur, même si depuis notre confort cela peut paraître dégoulinant de facilité bien pensante¨  ( Voir le texte au complet ) 

http://quebec.huffingtonpost.ca/savignac/la-place-du-pauvre_b_4505467.html?utm_hp_ref=tw

Pégé