Salut à tous,

Du site Le Devoir L : Il arrive qu’un vigneron ne fasse plus qu’un avec ses vignes, son terroir, son microclimat, ses rêves et son vin. C’est le cas d’Olivier Humbrecht, vigneron alsacien émérite au discours aussi limpide  qu’un « jus de roche » filtré à même le tamis de la sincérité.    

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   ¨ Nous l’avions déjà mentionné, Olivier Humbrecht insiste à nouveau : « Sans elle [la taille], la vigne resterait une liane : rampante, infiniment développée en vrilles et en feuillages, et elle ne donnerait que très peu de fruits. Il n’y aurait aucune viticulture. » L’Alsacien sait, à l’image de tous les vignerons sérieux de la planète, que le travail du vin démarre avant tout sur le terrain, en son sous-sol comme hors sol, à même la vigne.

   « La femme est l’avenir de l’homme », chantait Ferrat en référence à la maxime d’Aragon. « La taille est l’avenir du vin », cite à son tour Humbrecht, conscient de l’immense répercussion que ce simple geste implique. Il poursuit : « La taille est le travail que je préfère. C’est un moment de solitude et de méditation, d’échange profond avec la plante […] Le tailleur donne une forme au cep en le taillant, mais il participe aussi à sa formation. En taillant, le vigneron communique à la plante ce qu’il attend d’elle, il projette la récolte à venir. » Nous sommes ici loin du simple réflexe bêtement robotique.

   Car oui, chaque pied de vigne est différent. À l’image de ses propres enfants. Penché sur les bois tordus au cœur cru de l’hiver, l’artisan laisse son intuition « sentir » les capacités à venir de la plante. À venir, oui, le mot est important. « La vigne est une plante dont l’induction florale se fait sur deux ans. La récolte d’un millésime se prépare donc toujours au cours du millésime qui le précède, durant la période qui sépare la taille d’hiver des vendanges de la première année. » Il est reconnu de fait que divers aléas climatiques (grêle, gel, sécheresse, etc.) auront par la suite une incidence sur la façon de tailler. La vigne possède sa propre mémoire. Elle se souvient.

La fameuse vendange « en vert » !

   Il n’est pas rare de visiter des vignobles où, au cœur même de la saison  végétative, se retrouvent au sol, sous les vignes, bon nombre de grappes esseulées. Une fierté pour le vigneron, dont le geste de couper est assimilé ici à un gage de qualité. Erreur ! Revenons ici sur l’induction florale de tout à l’heure et sur la fructification qui s’ensuit. « Pour favoriser (cette dernière), il faudra inquiéter la plante. La tension, le “stress” est un facteur de croissance et de fructification, même s’il peut y avoir des causes bien différentes », dira l’auteur, qui sait pertinemment qu’il travaille encore une fois la récolte à venir¨...   ( Voir l`article au complet )  

https://www.ledevoir.com/vivre/vin/533711/la-taille

Pégé